Ce ne sont pas les expériences inhumaines et la cruauté sans pareille de cette histoire vraie qui ont donné envie à Paul Harding d’en faire un roman. Ce qui transparaît dans son écriture c’est la volonté de décrire le quotidien des habitants avant l’horreur. La venue des hommes blancs est ici une épée de damoclès que l’on s’attend à voir tomber après chaque page. La peur de la fin imminente des personnages nous pousse à nous y attacher encore plus rapidement. Les quelques instants que nous passons avec chacun d’eux sont d’autant plus chéris.
Paul Harding navigue entre des descriptions poétiques d’arbres gravés et de peintures lumineuses mais livre aussi des passages plus graves sur la violence des hommes, qu’ils viennent du continent ou de l’île. L’horreur rôde tout le long du récit et pourtant Apple Island est avant tout un roman célébrant la liberté et le refus de la soumission.