Depuis que son père a quitté le domicile familial, Jonas est dans l’incompréhension la plus totale. Il s’était toujours dit que sa famille était de celles qu’ont dit unies, soudées, complices, alors le départ de son père, il l’a vraiment pris comme une trahison. Depuis, sa tristesse et sa colère sont intarissables. Lorsqu’un camarade en vient à le harceler au collège, c’est la goutte d’eau, il ressent une vive violence à son égard. Le soir même, alors qu’il accompagne sa sœur et sa mère au cirque comme ils le faisaient autrefois en famille, son harceleur débarque. La situation dégénère, sa sœur disparaît et Jonas se retrouve comme projeté dans un monde imaginaire. Dans ce monde, les choses semblent fonctionner à l’envers. Non seulement les monstres existent, mais ne sont pas réellement considérés comme tels car les véritables monstres dans ce monde-là, ce sont bel et bien les humains. Ces derniers sont chassés, capturés et bien souvent sacrifiés. Dans sa malchance, Jonas sera recueilli par un cirque itinérant qui semble être en paix avec les humains, mais d’autres créatures ne manqueront pas de prendre Jonas en chasse…
Dans ce roman poétique et fantasmagorique, Stéphane Servant nous démontre avec finesse que la monstruosité n’est parfois qu’une question de point de vue.
Dès 12 ans
Les Mouvantes sont un peuple nomade et matriarcal qui récolte chaque année le Sel magique pour le royaume de La Maurane. Nami, 17 ans, attend son Appel avec impatience, l'événement qui choisira la prochaine cheffe du clan. Mais, deux faits extraordinaires vont ébranler la tranquillité de la tribu. En plus d’être deux appelées cette année-là, Nami voit son corps se couvrir de glyphes rouges. C’est l’Appel du sang, réputé pour être maudit.
En revenant en Maurane, Nami se réjouit de retrouver ses amis de toujours, Elian et Calist, dont elle a été séparée depuis trois ans. Elle a hâte de passer du temps avec eux en se remémorant leurs souvenirs d’enfance.
Seulement, au sein du royaume les choses ont changé, le peuple est à fleur de peau. Les impôts ne font qu’augmenter, les ouvriers et les plus précaires ne s’en sortent plus. La Dauphine dirige sa cité d’une main de fer et n’écoute pas le mécontentement de ses sujets. Alors, lorsque la récolte de Sel est volée, il n’en faut pas plus pour embraser cette colère. Nami parviendra-t-elle à comprendre ce qui se trame et sauver son peuple ? L’amitié peut-elle survivre à tout ?
Un roman intense, sur le passage à l’âge adulte et le poids des responsabilités. Une intrigue habilement menée, et des personnages forts.
Après le très remarqué La Tisseuse de vent, Nina Lan revient avec un deuxième livre jeunesse tout aussi réussi !
Une encyclopédie qui brille par son originalité et la douceur de son esthétique, tout en pointillés.
L’idée est à la fois simple et innovante, c’est au lecteur de lier les illustrations entre elles, qu’il s’agisse d’associations, de transformations ou encore d’oppositions : la serrure et la clé, la chenille et le papillon, le doux et le piquant. En choisissant seulement deux couleurs parfaitement harmonieuses, les doubles-pages se répondent astucieusement et permettent d’apprendre en s’amusant.
Véritable coup de cœur pour cette encyclopédie pas tout à fait comme les autres qui offre un nouveau regard sur notre quotidien !
Dès 3 ans
L’intrépide et audacieuse Paloma Pumpkin ne rêve que d’aventure. Et pour cela, il n’y a qu’une voie qui s’ouvre à elle : prendre la mer et devenir piratesse ! Malheureusement pour elle, son père ne l’entend pas de cette oreille et compte tout faire pour l’en empêcher, quitte à l’enfermer. C’est évidemment sans compter sur la hargne de notre jeune héroïne qui compte vivre son rêve coûte que coûte. Seulement, c’est une chose de vouloir mais qu’en est-il de pouvoir ? La mer est périlleuse, les capitaines sont féroces mais plus que tout, une femme à bord ça porte malheur et, surtout, ça ne s’est jamais vu ! Mais, de nouveau, la témérité de Paloma est sans limite. Elle embarque donc en cachette à bord du redoutable navire Passereau. Elle devra faire preuve d’endurance et se montrer particulièrement rusée pour réussir à se faire accepter de cet équipage de pirates roublards. Démarre alors une longue traversée et souffle enfin ce vent d’aventure qu’elle a si longtemps attendu. Mais à la première escale, un chargement suspect est embarqué. En trouvant ces femmes et ces hommes enchaînés, Paloma découvre alors ce que les humains peuvent faire de pire. Cependant, la suite de l’histoire lui montrera ce que l’humanité a de plus beau : le courage !
C’est un grand coup de cœur pour cet album qui mêle Histoire et aventure, publié en partenariat avec les musées de Honfleur.
Dès 7 ans
Pauline et Agathe ont toujours été amies, meilleures amies même ! Liées par une passion commune et dévorante pour la danse classique, leur quotidien est rythmé par les cours intransigeants et leur espoir de devenir un jour, petits rats de l’Opéra de Paris. Pourtant, elles ne pourraient pas être plus différentes : Pauline est calme, conciliante, persévérante quand Agathe est exaltée, déterminée, implacable. L’été des 13 ans d’Agathe semble marquer une rupture : alors qu’elles semblaient se compléter jusque-là, tout semble les opposer aujourd’hui, y compris leur petite année de différence qui n’avait pas l’air de les déranger il y a quelques mois. Et surtout, Agathe ne veut plus entendre parler de la danse, ni de Pauline d’ailleurs. Alors, quand la mère de Pauline et le père d’Agathe annoncent leur nouvelle relation et leur envie de partir en vacances en famille, c’est le coup de grâce ! Cette cohabitation forcée s’annonce des plus intenses pour les deux jeunes filles dont l’amitié semble faire partie du passé.
Un roman tout en sensibilité, qui évoque avec pudeur la notion du corps dans la vie des adolescentes et la difficulté que l’on peut avoir à se faire une place dans le monde.
Dès 12 ans
Tout commence lors d’une réunion de famille impromptue à laquelle Ignatius Garlic, membre éminent de l’aristocratie anglaise, convoque d’urgence toute la famille. Une tempête de neige cauchemardesque commence à paralyser tout le comté et le manoir familial semble encore plus austère et glacial qu’à l’accoutumée.
Seule Edna, 11 ans, est ravie de ce week-end improvisé tant elle aime cette demeure et sa décoration à base de diverses bêtes empaillées. Fascinée depuis toute petite par les livres répugnants et les mystères irrésolus, Edna a toujours été une enfant étrange mais aussi particulièrement maligne, un poil insolente et terriblement drôle, au grand dam de ses parents ne la trouvant pas suffisamment distinguée pour une Garlic.
Lorsque Ignatius, du haut de ses 90 ans, annonce son mariage imminent avec une jeune femme fraîchement débarquée, la famille tombe des nues. Et quand il annonce, la rédaction d’un nouveau testament les déshéritant tous, la famille implose. Tous venus avec l’idée de réclamer de l’argent au grand-père, la déconvenue est de taille. La fin de soirée se déroule alors dans une ambiance détestable et la nuit s’avère plutôt courte car rapidement, Ignatius est retrouvé mort dans son bureau fermé de l’intérieur. La neige continuant de tomber dehors, il apparaît vite que l’assassin se trouve parmi eux. Naturellement, chacun se fabrique un alibi mais il faut se rendre à l’évidence, ils ont tous aussi une très bonne raison de l’avoir tué.
Ravie de pouvoir mettre son sens de l’observation et de la déduction à l’épreuve, Edna décide de mener elle-même l’enquête, au grand désarroi de ses parents.
Coup de cœur pour cette héroïne espiègle à la répartie bien sentie et pour ce roman policier à l’intrigue rondement menée qui nous laisse sans réponse jusqu’à la toute fin !
Dans ce charmant petit livre, Piouh nous délivre sa philosophie de vie, tendre et poétique. Très souvent empreinte de joie, parfois pragmatique, sa façon de voir la vie amène un regard nouveau sur ce qui nous entoure.
Piouh ressent de la gratitude mais pas trop longtemps, il préfère le rigoldi au lundi et admet qu’il faut parfois savoir être cap de ne pas être cap.
Ses réflexions relèvent souvent du bon sens mais ne sont pas dépourvues de profondeur, de poésie ou d’humour.
Illustrations foisonnantes en pleine page très colorées ou usage du blanc, ce qui rassemble ces deux mises en page c’est le jaune lumineux de ce poussin attendrissant, drôle et attachant.
À lire aux enfants dès 6 ans, à lire seul dès 8 ans
Forest est devenu la risée du pays depuis qu’il a tué, accidentellement, le héros Hargren, menant le royaume vers une fin inévitable. Son seul espoir : une entité mystérieuse, l’Auteur, prétendument capable de changer le cours du destin. Suivant les conseils de son maître, Forest emprunte un portail magique et rencontre une jeune princesse du nom de Ivy. Il va vite comprendre qu’elle est l’Autrice dont on lui a parlé…et qu’il est, comme tout le reste de son monde, tiré d’un roman inachevé écrit dans un carnet magique. Malheureusement, réécrire le destin ne pourra pas se faire en un coup de crayon, et Forest et Ivy vont devoir se plonger dans les œuvres de cette dernière pour réussir à arranger les choses…
Avec Les mondes magiques d’Ivy, Hannah West signe un roman d’aventure trépidant. On suit nos héros dans plusieurs univers littéraires très différents, s’amusant des codes de leurs propres genres, dans une quête qui aidera Ivy bien plus qu’elle ne le pense…
À partir de 11 ans
Dès 11 ans
En cette année 1841, la bucolique petite rue Mirabelle au cœur de Paris accueillait une joyeuse bande de commerçants. On pouvait y trouver : un boucher, un crémier, un boulanger, un pharmacien, une mercière, un primeur et un libraire, bien que la plupart évitait de mettre les pieds dans la boutique obscure et un peu louche de ce dernier. Leur petite routine fut complètement bouleversée lorsqu’un matin, un bébé fut retrouvé abandonné au pied de la statue de Jules Bouchain-Morel qui ornait la rue. L’idée de la confier à un couvent est vite écartée, ils décident d’organiser la garde partagée de cette petite fille rapidement baptisée Mirabelle : le crémier s’en occupera jusqu’à ses un an, puis le pharmacien prendra la relève jusqu’à ses deux ans, etc. Alors que la révolte gronde dans les rues de Paris, c’est en tout insouciance qu’une petite famille inattendue se construit autour de ce bébé inespéré; sans même se demander vraiment d’où il vient et sans même penser qu’on pourrait venir le réclamer un beau jour…
Un roman pétillant, plein de malice et terriblement touchant !
À partir de 12 ans
2024 : Les parents d’Aubérie ne sont pas encore divorcés mais la séparation est imminente et les disputes incessantes. L’été arrive et aucun des deux n’est disponible pour s’occuper d’elle et de sa petite sœur. Il est donc décidé qu’elles partiront chez une grande tante inconnue dans la campagne anglaise. Programme absolument révoltant pour l’adolescente qui ne pourra pas voir son amoureux de tout l’été et qui en plus devra s’occuper de sa sœur. Et une fois sur place, l’attitude glaciale de la vieille dame n’arrange pas les choses. Pourtant, il fait un temps étonnamment magnifique à Wistermore et le jardin est absolument resplendissant, comme si les fleurs ne venaient jamais à faner. Ici, les activités sont rares et les interdits nombreux. La tante Olga est mutique et peu accueillante et la domestique Suzanne semble avoir plus de cent ans… Les filles reçoivent nombre de corvées ahurissantes et ne peuvent se nourrir que de ce qu’il y a dans le verger. Quant au magnifique bois qui entoure la propriété, il est strictement interdit d’y pénétrer.
1954 : Olga et son frère jumeau James vivent dans une magnifique demeure anglaise où il fait toujours beau et où les plantes poussent de façon presque surnaturelle. Leur quotidien est bouleversé par l’arrivée d’un cuisinier français et de son fils Gustave qui deviendra un frère pour eux.
Dans ce beau roman gothique, les deux récits se répondent pour nous emmener doucement vers une histoire fantastique, énigmatique et inquiétante. La langue poétique de Clémence Forest nous emporte vers une histoire de famille, de magie et d’amour. Le suspense monte graduellement pour nous faire découvrir l’histoire poignante de la tante Olga.