A l’instar d’un roman biographique, les anecdotes s’alternent, se croisent et se comparent pour résumer deux vies : de leur jeunesse à leur gloire respective Michel-Ange côtoie enfin David. Dès lors s’entremêlent deux récits : l’histoire d’un duel poétique entre un bloc de marbre de Carrare et un jeune artiste de 25 ans qui se défie d’en façonner un nouveau colosse pour Florence ; et l’histoire de David, jeune berger et futur roi d’Israël dont les Premier et Deuxième livres de Samuel content les exploits, les légendes et le mythe entourant un jeune homme terrassant un colosse de chair nommé Goliath. Seulement, le colosse florentin s'affranchit des représentations canoniques d’un David légendaire : ce n’est plus le triomphe du jeune pâtre marchant sur la tête décapitée du géant, mais la représentation du juvénile émule s'apprêtant à combattre et vaincre le géant.
Un marbre de 5,17 mètres de haut qui domine désormais une alcôve voûtée de la Galerie de l’Académie de Florence, laissant une copie moins spectaculaire veiller sur son ancien emplacement, la fameuse Piazza della Signoria. Erri De Luca dresse ainsi deux portraits synthétiques par une saisissante forme poétique déployée sans interruption sur une quarantaine de pages richement illustrées. Scrutant le moindre détail de l'œuvre, il interroge les choix de Michel-Ange au regard des faits relatés dans les textes bibliques. Un modeste petit livre d’histoire et un petit moment de lecture envoûtant que l’on aimerait partager une fois le dernier vers lu !
A découvrir absolument !!
Paroles d’artistes femmes, publié aux éditions La Martinière, a été créée en collaboration avec l’association AWARE (Archives of Women Artists, Research and Exhibitions). L’association, co-fondée en 2014, travaille à rendre visible les artistes femmes du XVIIe au XXIe siècle. Les textes, réunis et présentés par Lucia Pesapane et Delphine Wanes, font de cet ouvrage bien plus qu’une histoire de l’art, mais bien une véritable anthologie de la parole des femmes, mises en avant comme elles ne le sont que rarement dans les ouvrages habituels, presque exclusivement tous signés par des hommes.
Tous ces témoignages nous plongent dans les doutes, les questionnements et les difficultés qu’elles ont dû rencontrer, leur besoin de reconnaissance ainsi que leur lutte pour se faire une place dans un monde de l’art dominé par la parole des hommes. Les autrices et l’association redonnent une voix à toutes ces artistes, parfois méconnues ou encore trop souvent oubliées, avec une retranscription de leurs textes, correspondances, autobiographies, essais et manifestes.
Noir c’est noir : les corbeaux dans l’Art et le Folklore est un ouvrage qui met en lumière la représentation des corbeaux, et des corvidés de manière générale, dans l’art et le folklore. Écrit par Caroline Roberts et Angus Hyland et édité aux éditions Pyramid, il nous plonge dans leur univers fascinant et dresse un hommage à ces oiseaux encore trop peu aimés, souvent associés à la sorcellerie ou aux mauvais présages. L'ouvrage nous présente la façon dont ils sont représentés aussi bien dans l’art que dans l’imaginaire collectif, à travers le folklore et la mythologie, et démontre que derrière un oiseau mal aimé se cache un être doté d’une grande intelligence, encore trop souvent craint de tous malgré sa beauté fascinante.