Sans un mot, avec une douceur certaine, Adrien Demont nous invite à la poursuite des lueurs. Des lueurs de campagne offertes par les lucioles, aux lueurs des villes éblouissantes en passant par les lueurs lointaines de l’espace, et peut-être même par quelques lueurs d’espoir, nous découvrons plusieurs personnages et imaginons leurs histoires. Nostalgiques, joyeuses, farfelues ? Par un exercice de découpage et de collage impressionnant, l’auteur nous laisse lire et relire ce petit bijou de multiples manières !
Le duo Edouard Cour et Jean-Christophe Deveney livre avec Soli Deo Gloria une oeuvre touchante dans laquelle se côtoient musique, fraternité et quête de soi. En naviguant entre les genres, les auteurs donnent à Soli Deo Gloria un quelque chose de rêveur et grandiose. Chaque note jouée est l’occasion pour le dessinateur d’exprimer une sensation et une émotion au travers de son magnifique trait évoquant la gravure. Les différents lieux visités, les décors, les costumes, l’air entraînant de la musique, tout est réfléchi et magnifiquement illustré.
Mais que serait cette composition graphique de haute volée sans un scénario qui l’est tout autant. Jean-Christophe Deveney convoque une époque obscure pour mieux faire apparaître toute la lumière du voyage d’Hans et Helma. En faisant voyager les deux orphelins entre plusieurs strates, Deveney dévoile un portrait historique fort en l'intégrant dans l'histoire avec un grand H. Les auteurs parviennent avec une grande maîtrise à intégrer tout un tas thèmes dans leur récit et à en faire une histoire qui parlant de beauté au delà de l'obscurantisme.
Soli Deo Gloria est une très grande bande dessinée !
Dans un monde où la nature n’existe plus que dans des laboratoires, Jenny, œuvrant pour la très bureaucratique entreprise Pyrrhocorp, est à la recherche des derniers insectes pollinisateurs. Capable de se rétrécir à la taille d’une fourmi, elle arpente les ruines et s’enfonce dans les profondeurs pour en revenir à chaque fois plus solitaire que jamais.
L’espoir résiste pourtant encore dans des communautés nomades inventant d’autres modes de vie, plus justes et libres, à l’image du Cherche-Midi, la monade - sorte de gigantesque vaisseau ambulant - dans laquelle vit Jenny. A son bord, l’expression faire société autrement prend tout son sens et de nouvelles perspectives se dessinent. Mais les angoisses et la mort ne rôdent jamais bien loin de notre Jenny aux mille tourments qui va devoir apprendre à vivre avec ses émotions autant qu’avec les autres...
Mathieu Bablet clôture de façon magistrale la trilogie commencée avec “Shangri La” puis poursuivie avec “Carbone & Silicium”, et confirme son immense talent de conteur comme de dessinateur. L’immersion est totale dans cet univers graphique si reconnaissable, où son esthétique somptueuse se déploie avec force et nous embarque pour un voyage qui ne laissera personne indemne.
Une des meilleures BD SF de l’année, à n’en pas douter !