Chargement...
Chargement...

Rentrée littéraire 2026 : nos sélections thématiques

Un dossier de
Publié le 10/08/2026
Exil, aventures, intimités, créations, mémoires collectives et émancipations : découvrez nos choix thématiques de la rentrée !

Rentrée littéraire 2026 : nos sélections thématiques

Ils racontent l'exil...

Et pour certains, raconter l'exil c'est prendre la plume pour la première fois. À l'instar de Thélyson Orélien, la nouvelle voix québécoise d'origine haïtienne, qui raconte dans C'était ça ou mourir l'odyssée de Jonas Dorléon de Port-au-Prince jusqu'aux portes des États-Unis où il fera face aux agents de l'ICE et donne alors à voir l'expérience physique de la migration au présent. Outre Atlantique, l'horizon se trourne vers une grande star russe en fuite au début de la guerre en Ukraine : Sergueï Shikalov raconte Grenouille, ou la métaphore de la tyrannie ; plongez la une fois dans l'eau bouillante, elle saute, plongez la dans de l'eau froide que vous faites bouillir, elle agonise doucement. Pour poursuivre l'exploration de la notion d'exil dont cette rentrée littéraire s'empare, Abdellah Taïa poursuit lui son travail romanesque dans Debout dans tes rêves. Année 2000, Majid est jeune, marocain, et homosexuel : il arrive à Paris dans une vie très précaire avec, par bonheur, des êtres lumineux qui gravitent autour de lui, mais comment ne pas rester l'éternel étranger dans le regard des autres ? 

Et si on partait à l'aventure ? 

S'il y en a bien un qui tentera de rester l'éternel étranger, c'est Arun Kumar, le prodige du Palais de François-Henri Désérable qui signe son retour à la fiction avec un roman d'aventures dans les règles de l'art : voyages, crimes, et délices. Mais l'aventure est parfois noire, Pierric Bailly nous emmène d'ailleurs au lac des Rouges-Truites où tous les mystères d'une amitié à quatre tête vieille de 25 ans trouveront leurs réponses... Et pour son grand retour, Jean-Marie Blas de Roblès signe une épopée haletante, Cipango, ce lointain archipel décrit par Marco Polo : Japon médiéval en 1540 et amour, et chasseur de tête du XXIème siècle, drônes, geek et imaginations débordantes, ou la promesse d'un roman que l'on dévore ! 

Inventaire des lieux et des âmes

Et si on faisait un état des lieux ? C'est un peu ce que fait la jeune femme qui vient de se séparer et qui s'apprête à déménager dans le nouveau roman de Clémentine Mélois, Choses que je croyais perdues. Et alors, si l'inventaire se veut intime, tout comme pour le narrateur de Jean-François Beauchemin dans Herbier du souvenir, la suite du Roitelet qui nous amène deux ans après la mort de son frère atteint de schizophrénie pour une exploration des souvenirs, les lieux se veulent parfois réels. Ainsi, Robert Seeathaler choisit de décortiquer La rue et ses passants. Pour aller plus loin, nous découvrons aussi pour cette rentrée littéraires des récits autobiographiques d'une puissance rare et qui explorent l'intime avec pudeur et justesse, Antoine Compagnon écrit Partir, François Cheng raconte On aurait pu se rencontrer : tout deux évoquent leur amour disparu. 

La famille, ma mère, et moi 

Une fois n'est pas coutume, la grande enquête familiale, le récit de l'intime, la fresque trouve sa place dans cette rentrée littéraire 2026. Nous retrouvons alors avec plaisir Polina Panassenko qui commet un deuxième roman haletant, À voix haute, dans lequel une jeune femme retourne en Russie pour faire du théâtre et qui finalement mène une enquête intime pour retouver les traces de son aïeul et le renommer, à voix haute. Si les choses sont tues dans cette Russie pas si lointaine, la famille que décrit Anne Godard dans Nous aussi n'est pas en reste de silences et d'héritage malheureux, dans une suite de fragments à la plume si précise, l'autrice donne à voir une famille bourgeoise parisienne peuplée de non-dits.
En s'éloignant de ces romans qui explorent la famille et les secrets mais en restant au plus près de la figure maternelle, Louise Chennevière, quant à elle, propose dans Faire la peau, un récit autobiographique puissant dans lequel elle tue sa mère : pourquoi attendre sa mort quand la littérature peut le faire ?

Les créations artistiques en puissance

Peindre, écrire, chanter, danser : nos auteurs ne se privent pas d'imagination pour raconter la production artistique. Et si certains racontent les histoires passionnantes de nos artistes préférés, comme Vincent Vigneron qui narre Vincent Van Gogh dans Rien que de grands tournesols, ou Joy Sorman qui rencontre l'artiste brute Irène Gérard dans La vie brute, d'autres explorent des facettes des performances artistiques tout à fait singulières. C'est le cas de Marie Petitcuénot dans Heures sauvages qui remet en lumière la performance incroyable de Marina Abramovic qui laisse pendant six heures les spectateurs interagir avec elle, au risque de sa vie. Mais si les artistes sont à l'honneur, certains auteurs préféreront l'art qui raconte plutôt que l'art à raconter. Phoebe Hadjimarkos-Clarke dans Le livre des souterrains propose donc de mener l'enquête sur la disparition d'une artiste âgée qui dénonçait dans son oeuvre l'invisibilisation des femmes qui vieillissent : une coïncidence très évocatrice ! C'est d'ailleurs Salomé, l'artiste de Safae el Khannoussi dans Oroppa, qui a disparu elle aussi, et l'autrice joue avec une temporalité floue pour raconter la vie de celle-ci, l'occasion par ailleurs d'évoquer les fondations de la diaspora marocaine en Europe. 

Nuages sur la littérature...

Surtout dans le nouveau roman de Sophie Divry, Rochebrune, qui offre un voyage en famille recomposée en pleine vacances de la Toussaint, et au coeur d'une montagne aux roches escarpées, si les êtres sont tumultueux, l'atmosphère ambiante l'est tout autant. Maria McCann, quant à elle, préférera explorer dans Comme la viande aime le sel l'âme torturée de Jacob Cullen, un homme beau mais sombre, à la violence endormie qui se réveille au moindre bruit... Une Angleterre du XVIIème siècle où l'intime et l'histoire se heurtentEt si la littérature s'assombrit jusqu'ici, elle en vient à réveiller les morts dans le roman de Salomé EsperHilda Bustamante revient dans lequel Hilda sort de sa tombe et retrouve ses proches, mais pour combien de temps ? Un roman beaucoup plus doux qu'il n'en a l'air, plein de tendresse et d'amour, pour l'éternité, ou peut-être pas ? 

Pour ne jamais oublier

Comme souvent, la rentrée littéraire est l'occasion pour nos auteurs de se rémémorrer. Ainsi, Tiffany Tavernier propose de réactiver notre mémoire en racontant les premiers Congés payés de Emma, qui a bien du mal à lâcher prise sans craindre pour son travail en cet été 1937. La mémoire, c'est aussi tout le roman de Jadd HilalIci commence la terre qui évoque la déchirure et les traumatismes de Aïda en 1948, lorsqu'elle fuit la Palestine pour le Liban : elle transmettra son histoire et son héritage à son petit-fils. C'est en Algérie que se poursuit cette volonté de mettre à l'honneur notre mémoire collective et les structures qu'elle encadre, avec Rachida Brakniexplorons La part absente de Karina Leroy, ou Karima ? Celle qui cherche la liberté à tout prix, même celui des mensonges auxquels elle devra faire face, quitte à ce qu'ils reveillent les blessures de l'enfance et de la guerre. 

Combats intimes, réels, & émancipations 

Qui de mieux que l'héroïne d'Eva Bottega dans Quand le ciel ici déborde pour bousculer les souvenirs, ceux des femmes avant elle, et cette quête absolue de rédemption, dans un road-trip américain et féministe d'une femme qui ne cèdera rien ? Mais les combats intimes prennent parfois d'autres chemins, à l'image de Darya & Dounya, dans le nouveau roman de Diaty Diallo, une seule et même femme, celle de trente ans, qui entretient un dialogue intérieur avec la jeune adolescente qu'elle était : une joute verbale parsemée de colère expiatrice envers tous les hommes qui l'ont violentée. Et l'émancipation, quant à elle, peut ne pas être tout à fait contemporaine, prenez Le roman de Sophie Rostopchine, la fameuse comtesse de Ségur, qui retrouve sa liberté une seconde fois après de nombreuses luttes sous la plume de Véronique de Bure. Un petit rappel toujours nécessaire à cette volonté féminine de lutter pour soi, ses droits, les autres, pour appartenir et parfois même pour vivre.

Narrations de l'exil

Partons à l'aventure !

États des lieux

Explorations des intimes

Regards sur la création

Quand la littérature s'assombrit

Structures & mémoires collectives

Tumultes & émancipations