Cette bulle anxiogène menant à la naissance du genre Iyashikei va être intensifiée par un phénomène de forte dégradation économique survenu au Japon entre 1991 et 2000, que l’on connaît sous le nom de la “Décennie perdue”.
Aujourd’hui, ce genre, souvent confondu avec la tranche de vie, tient une place forte chez les lecteurs japonais de manga, mais est encore presque méconnu en Occident.
Mettant en scène des personnages dans des situations simples et dans des environnements apaisants et contemplatifs, ce type de récit va permettre au lecteur de s’évader du quotidien, de ressentir une sensation de bien être et de trouver le bonheur dans les petites choses.
Quoi de mieux pour vous parlez de ce genre que de vous proposer L’homme qui marche de Jirô Taniguchi, traitant simplement d’un homme marchant dans les rues d’un Japon moderne et profitant des petits plaisirs de la vie, ou encore Hirayasumi de Keigo Shinzo, où il nous est dépeint le portrait de gens simples faisant face aux contraintes de la vie japonaise moderne.
Plus simplement, vous pouvez vous laisser porter par une ode à la nature et aux traditions à travers la pratique du camping avec Au Grand Air d’Afro ou encore un récit mêlant à la fois un amour pour la symbolique de la vie ainsi que les relations et les émotions humaines et surtout un amour de la nature au travers des yeux d’une androïde à l’allure humaine avec Escale à Yokohama d’Hitoshi Ashinano.
Certains titres qui, aux premiers abords ne semblent pas dépeindre ce genre qu’est l’Iyashikei, ont pourtant un pied dans celui-ci. Comme avec Frieren de Kanehito Yamada et Tsukasa Abe où l’on suit une elfe millénaire faisant face à la perte d’un être cher au travers d’un périple à la fois contemplatif et philosophique. Ou encore avec Bocchi the rock! d’Aki Hamazi où l’on suit le récit quelque peu humoristique d’une jeune fille qui va combattre son anxiété sociale grâce au rock.
Mais bien sûr, il vous reste plein de références à découvrir pour mieux comprendre ce genre particulier : Le vendeur du magasin de vélos d’Arare Matsumuchi, Le petit monde de Kabocha de Daisuke Igarashi, Les vacances de Jésus & Bouddha d’Hikaru Nakamura ou encore Mushishi de Yuki Urushibara.